_____

Dans les territoires, l’emploi salarié à la loupe

Publié le 28/01/2009

Comment a évolué l’emploi salarié dans les intercommunalités du Maine-et-Loire entre 2003 et 2008 ? C’est tout l’objet de la récente étude menée par le Comité d’expansion économique en partenariat avec l’URSSAF. « En exploitant à l’échelle intercommunale les données de l’URSSAF sur l’emploi salarié, expliquent Virginie Guigo-Geffroy et Christine Lucas, Chargées d’études au Comité, nous livrons des clés pour mieux comprendre l’évolution de cet emploi salarié, les moteurs de son développement, voire ce qui pourrait à l’avenir constituer des freins ou des points de vigilance. » Accessible dans son intégralité sur notre site web (1), cette étude qui dresse une cartographie des territoires au regard de la dynamique de l’emploi salarié, constitue un outil supplémentaire de compréhension des enjeux territoriaux.

En cinq ans, l’effectif salarié en Maine-et-Loire a augmenté de 1,1%, portant à 211 000 le nombre de salariés dans le département. « Globalement, constate Virginie Guigo-Geffroy, on observe une érosion générale (sauf exceptions) de l’emploi industriel et à l’inverse une augmentation sensible de la construction et du tertiaire, intérim compris alors même que la moitié des intérimaires travaillent dans l’industrie.» Au-delà de ce constat justement, l’étude réalisée par les services du Comité d’expansion révèle des disparités géographiques sur les 30 EPCI (2) qui composent l’Anjou. « On distingue notamment les territoires où l’emploi tertiaire domine à plus de 50 %, principalement dans les trois Communautés d’agglomération, ainsi que dans les Communautés de communes situées en secteur périurbain. On trouve également des EPCI où l’emploi tertiaire représente un peu moins de 50 % des effectifs avec un secteur industriel bien présent comme dans les Mauges ou le Segréen. Enfin, plusieurs territoires répartis sur l’ensemble du département sont marqués par une dominante de l’emploi industriel. »


Dynamique de l’emploi


Pour les auteurs de l’étude, il s’agit dès lors d’aller plus loin. « Pour cela, nous avons mesuré la part des salariés travaillant dans des secteurs en expansion. Cette dynamique de l’emploi salarié, étayée par une connaissance du terrain et de la conjoncture, nous a permis d’établir une carte qui illustre si le territoire se trouve dans une position favorable, moyennement favorable ou peu favorable au regard de l’emploi salarié. Il ne s’agit pas d’un jugement de valeur, insistent les auteurs de l’étude, mais bien d’une analyse qualitative des éléments qui pourraient jouer dans l’avenir en faveur ou en défaveur des territoires. » Ainsi sont estimés en position peu favorable des territoires, souvent à l’écart des grands axes routiers, qui accusent des pertes ou de très faibles gains d’emploi. Leur fragilité peut venir d’une dynamique déjà faible, mais aussi d’une présence dominante de l’industrie ou de la construction. En position moyennement favorable se retrouvent des territoires présentant des visages différents : un tissu économique peu diversifié ou marqué par quelques grandes unités industrielles, une économie industrielle en déclin qui n’a pas achevé sa transition vers une économie plus résidentielle mais dont la position géographique peut être un atout, mais aussi des territoires périurbains dopés par le boom de la construction … Enfin, en position plus favorable au regard de l’emploi salarié figurent des territoires où l’emploi a bien progressé mais à partir de potentiels différents. Pour certains, c’est le tertiaire qui s’est développé fortement, pour d’autres, la construction mais avec des risques limités. Pour d’autres encore, le potentiel vient d’industries qui bénéficient d’axes routiers majeurs. Reste le cas symbolique de quelques Communautés de communes du Choletais où les pertes de certains secteurs industriels ont été compensées par des créations dans le tertiaire, la construction mais aussi dans quelques activités industrielles. Autant de signes d’une reconversion plutôt réussie.



(1) Etude accessible dans son intégralité, sur www.anjou.org, onglet Economie et Territoires, rubrique Etudes.
(2) Etablissements Publics de Coopération Intercommunale : en Anjou, 27 Communautés de communes et 3 Communautés d’agglomération (Angers, Saumur, Cholet).